La grandeur du Prêtre

 

Chronique sacerdotale

La Grandeur du Prêtre

Proposer le rôle du prêtre dans toute sa grandeur est une urgence, urgence pour le prêtre en soi, urgence pour celles et ceux qui environnent le prêtre, pour celles et ceux qui côtoient le prêtre.
Le sacerdoce est grand parce qu’il est un véritable mystère au sens chrétien du vocable, c’est-à-dire une réalité dont on connaît une face mais dont l’autre nous échappe complètement. Et ce mystère-là est aussi grand. Afin que le quotidien n’affaiblisse pas un si grand mystère, le prêtre a besoin d’un souvenir spécifique, celui du retour à ce moment fondateur où le Christ concluait alliance avec lui. Dans une authentique perspective théologique, la grandeur du prêtre tient avant tout, au fait que l’on est prêtre pour toute la vie ou on ne l’est pas. Seuls les actes du ministère presbytéral sont engagés dans la succession et le temps. Telle est, telle a toujours été la foi de l’Eglise catholique.
Soulignons que la grandeur du prêtre tient aussi à cette première fidélité qui lui est demandée, celle de continuer à croire à son propre mystère, de persévérer dans la foi à ce don de Dieu qu’il a reçu et auquel l’inévitable routine et les autres obstacles pourraient, à l’improviste, porter atteinte. Jean-Paul II aimait à répéter aux prêtres du diocèse de Rome : « chers frères, valorisez encore et encore ce que vous êtes et ce que vous faites ! » Ce sacerdoce ministériel, qui est notre part, est aussi notre vocation et notre grâce. Une réalité qui n’est pas nôtre et que nous portons dans des vases d’argiles.
La grandeur du prêtre tient encore à la grandeur des choix qu’il fait et assume : se conformer au Christ, à la lettre, aux exigences radicales que Jésus propose dans l’Évangile aux disciples qu’il envoie en mission : prière, pauvreté, humilité, renoncement à soi-même, pénitence volontaire.
La grandeur du prêtre est aussi dépendante du caractère incomparable de ce qu’il célèbre. L’Eucharistie est bien au centre de sa vie spirituelle et de sa pastorale. Jean-Marie Vianney disait : « Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu’elles sont les œuvres des hommes et la sainte messe est l’œuvre de Dieu » avant de renchérir que « la cause du relâchement du prêtre, c’est qu’il ne fait pas assez attention à la messe. »
Il faut que l’image du prêtre apparaisse pour ce qu’elle est, la grandeur du prêtre pour ce qu’elle signifie : l’accomplissement d’une mission qui ennoblit l’homme en le mettant tout entier au service de Dieu et de ses frères. Accoutumons-nous à la conscience de la grandeur insondable du choix gratuit de Dieu, de la responsabilité qui nous est confiée. Cela peut engendrer ou renforcer une très grande qualité de vie sacerdotale notamment dans les secteurs, les heures et les instants franchement difficultueux où la joie d’un sacerdoce est constamment sous la menace d’un coup d’assombrissement.
La grandeur est enfin de labourer et de semer pour le Seigneur, sans voir, sans entrevoir encore la récolte, pas même la germination. Restons au champs portés par cette espérance invincible que donne une vie intérieure profonde !

Abbé Frédéric KOGUE