Evangiles,lectures

 Lecture : La crainte du Seigneur (Pr 1, 1-7.20-33)

 

La parole de Dieu est une source inépuisable.

Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d'une seule de tes paroles, Seigneur? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons; comme des gens assoiffés qui boivent à une source.

 

Les perspectives de ta parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les orientations de ceux qui l'étudient.

 Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu'il aime. Et dans sa parole il a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite.

La parole de Dieu est un arbre de vie qui, de tous côtés, te présente des fruits bénis ; elle est comme ce rocher qui s'est ouvert dans le désert pour offrir à tous les hommes une boisson spirituelle. Selon l'Apôtre :

Ils ont mangé un  aliment spirituel, ils ont bu à une source spirituelle .

Celui qui obtient en partage une de ces richesses ne doit pas croire qu'il y a seulement, dans la parole de Dieu, ce qu'il y trouve. Il doit comprendre au contraire qu'il a été capable d'y découvrir une seule chose parmi bien d'autres.

 Enrichi par la parole, il ne doit pas croire que celle-ci est appauvrie; incapable de l'épuiser,

qu'il rende grâce pour sa richesse.

 

 Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t'attriste pas de ce qui te dépasse.

 

 Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de ne pouvoir épuiser la source. Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé.

 

Ce que tu as pris et emporté est ta part; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n'as pas pu recevoir aussitôt, à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères. N'aie donc pas la mauvaise pensée de vouloir prendre d'un seul trait ce qui ne peut être pris en une seule fois; et ne renonce pas, par négligence, à ce que tu es capable d'absorber peu à peu.

 

R/Allons dans la joie
puiser aux sources du salut !

Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif.

L'eau que je vous donnerai deviendra en vous
source jaillissant en vie éternelle.

                                  

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth : la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon :

 « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. » Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider.

 Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient. A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

Lecture : Comment rester des hommes libres ?

COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR LA LETTRE AUX GALATES

Comment le Christ se forme en nous.

L'Apôtre dit: Comportez-vous comme moi, car étant Juif de naissance, je méprise maintenant les réalités charnelles par un jugement spirituel. Puisque je suis comme vous, c'est-à-dire puisque je suis homme. Puis, avec beaucoup d'à-propos et de tact, il leur rappelle sa charité, pour qu'ils ne le prennent pas pour leur ennemi. Il dit en effet:
Frères, je vous en prie, vous ne m'avez fait aucun tort, comme s'il disait: Ne croyez pas que je veuille vous en faire.

Il dit dans la même intention: Mes petits enfants, afin qu'ils l'imitent comme un père. Que j'enfante à nouveau, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous. Ici il parle plutôt en s'identifiant à la mère Église, car il dit ailleurs encore : J'ai été au milieu de vous plein de douceur comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons.
Le Christ est formé par la foi chez le croyant, chez l'homme intérieur, appelé à la liberté de la grâce. doux et humble de cœur. et qui ne se vante pas des mérites de ses actions, car ils sont nuls. Cependant. la grâce fait commencer en lui un peu de mérite, afin que le Christ puisse l'appeler un " petit ". c'est-à-dire lui-même, lui qui a dit : Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait. En effet. le Christ est formé en celui qui prend la forme du Christ or. on prend la forme du Christ lorsqu'on s'unit au Christ par l'amour spirituel.
C'est en l'imitant que l'on s'identifie au Christ, autant que la marche de chacun le lui permet. Car celui qui déclare demeurer dans le Christ, dit saint Jean. doit marcher lui-même dans la voie où il a marché.

Mais les hommes sont conçus par leurs mères pour être formés et, c'est lorsqu'ils sont formés qu'ils sont enfantés pour naître. On peut donc être troublé par la parole rappelée plus haut: Vous que j'enfante à nouveau, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous. Mais nous devons comprendre que l'enfantement désigne ici les angoisses et les inquiétudes dans lesquelles il les a enfantés pour qu'ils naissent dans le Christ. Et il les enfante à nouveau à cause des dangers de déviation dont il les voit agités. Le souci causé à leur sujet par de telles inquiétudes, souci à cause duquel il emploie la comparaison de l'enfantement, ce souci pourra durer jusqu'à ce qu 'ils parviennent à l'état d'adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude, pour qu'ils ne soient plus ballottés à tout vent de doctrine.

Ce n'est donc pas en vue du début de leur foi, par lequel ils étaient déjà nés, mais en vue de leur force et de leur perfection qu'il a dit: Vous que j'enfante à nouveau jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous. Il souligne cet enfantement avec d'autres mots dans un autre passage : Ma préoccupation quotidienne, c'est le souci de toutes les Églises. Qui est faible sans que je sois faible? Qui est sur le point de tomber sans que je brûle?

R/Gloire au Seigneur, c'est lui notre Dieu !
Il nous a délivrés de la servitude,
avec autorité et puissance.

 La Transfiguration

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,28-36.

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier.

 Pendant qu'il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante. Et deux hommes s'entretenaient avec lui :

 C’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire.

Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem.

 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ;

 Mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s'en allaient, quand Pierre dit à Jésus

 : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

 Il ne savait pas ce qu'il disait. Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent.

 Et, de la nuée, une voix se fit entendre :

« Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le. »

 Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul. Les disciples gardèrent le silence et, de ce qu'ils avaient vu, ils ne dirent rien à personne à ce moment-là.

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,36-38.

Jésus disait à la foule:

 "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.

Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;

 Ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.

Pardonnez, et vous serez pardonnés.

 Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ;

Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

« La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous »

Commentaire :

Ayant appris de l'Écriture ce qu'est la crainte du Seigneur et quels sont sa bonté et son amour, convertissons-nous à lui de tout notre cœur... Gardons ses commandements; aimons-nous les uns les autres de tout notre cœur.

Appelons nos frères même ceux qui nous haïssent et nous détestent, afin que le nom du Seigneur soit glorifié et manifesté dans toute son allégresse. Nous qui nous éprouvons les uns les autres, pardonnons-nous mutuellement...

Ne portons pas envie aux autres et si nous sommes en butte à la jalousie, ne devenons pas féroces. Montrons-nous plutôt pleins de compassion les uns pour les autres, et par notre humilité guérissons-nous les uns les autres.

 Ne médisons pas, ne nous moquons pas, car nous sommes membres les uns des autres.

      Aimons-nous les uns les autres et nous serons aimés de Dieu ;

 soyons patients les uns avec les autres et il se montrera patient avec nos péchés. Ne rendons pas le mal pour le mal et nous ne recevrons pas ce que nous méritons pour nos péchés.

 Car nous obtenons le pardon de nos péchés en pardonnant à nos frères, et la miséricorde de Dieu est cachée dans la miséricorde envers le prochain...

Tu le vois, le Seigneur nous a donné le moyen de nous sauver et il nous a donné le pouvoir céleste de devenir fils de Dieu.