le Christ est le plus beau des Hommes

 

 

« Le Christ, le plus beau des hommes »,                 

    

   1- Le Christ est la Beauté

 Nous connaissons l’enseignement classique sur les “transcendantaux”, le vrai, le bon, le beau.

 Tous ces attributs ne sont pas extérieurs à Dieu. Ils sont Dieu lui-même. Il est la Vérité et le Bien, il est Amour, il est Beauté. Vérité et Bonté, Amour et Beauté sont, comme disent les scholastiques, convertibles et coïncident avec l’Être même de Dieu.

 Toute beauté créée est une participation à la beauté infinie de l’être de Dieu.

Si cela est vrai, il faut faire un pas de plus et dire que le Verbe, en se faisant chair, a pour ainsi dire                                                        «  incarné » la bonté et l’amour, la vérité et la beauté infinie de Dieu.

Le Christ est “le plus beau des enfants de l’homme” non pas à cause de ses qualités esthétiques particulières, mais parce qu’il est la beauté incarnée de Dieu.

Tout son être est amour et vérité, bonté et beauté.

S’il est donc vrai que le Christ peut dire de lui-même : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie », il peut tout aussi justement dire :

                                                         « Je suis la Beauté ».

Le Christ peut dire de lui-même ce que seul Dieu peut dire : « Je suis ».

 L’Être, le Vrai et le Bien sont, selon le terme scholastique, “convertibles”.

Si le Christ est la Vérité et la Bonté, Il est aussi ce qui est leur splendeur : la Beauté 

 « Le Christ, en venant, a apporté avec lui-même, toute nouveauté » :

« Le Christ, en son Incarnation, a apporté avec lui toute Beauté. »

 C’est Lui la mesure de la Beauté, c’est lui qui apporte, avec sa venue, un nouveau regard sur la beauté.

 Il est, pour ainsi dire, “le canon de la Beauté”. Il n’a pas seulement rétabli la beauté originelle de la création perdue et profanée par le péché et le mal, il a apporté, en sa propre personne, la source de toute beauté. « Tu es le plus beau des hommes », cette parole du psaume royal, lue comme une annonce du Christ, ne veut pas dire que Jésus serait, selon des critères préétablis par une esthétique mondaine, le plus parfait modèle de beauté.

                     « Tu es la source de toute beauté humaine ».

 En toi nous est révélé ce qu’est la beauté, et de toi nous recevons le regard pour la voir, les critères pour la discerner et la force pour l’imiter et la rayonner.

 De lui s’épanchent sur le monde les eaux vives de la beauté. Et toutes les beautés du monde, qu’elles soient : beautés de la nature, de la vertu ou de l’art, sont des rayonnements de Sa Beauté.

 

2- Le Christ nous entraîne sur le Chemin de Sa Beauté

 

Il nous faut donc regarder, contempler le Christ, source de la Beauté divine, rendue accessible par son Incarnation.

                                    « Là où est le Christ, là est la beauté ».

Là où les cœurs, les esprits, les vies s’ouvrent au Christ, là les vannes de la beauté s’ouvrent et se déversent comme des flots vivifiants sur un monde avili par le péché, défiguré par la laideur du mal.

Regardons  comment les semences de beauté que sème le Christ, croissent et portent du fruit.

Il faudra d’abord se pencher sur ce qui est le plus beau fruit de la Beauté du Christ : la Sainteté.

Il n’y a de plus forte évidence de la Vérité et de la Bonté divino-humaine du Christ que cette voie lactée, cette nuée lumineuse des saints sans nombre que le Christ a entraînée à sa suite.

                      «  Il n’y a rien de plus beau au monde que la Sainteté. »

 Des saints on peut dire ce que l’épître aux Hébreux dit du Christ : ils sont comme le “resplendissement de sa gloire”.

 Le Christ, en suscitant par son Esprit, tant de sainteté, est aussi la source vive de tant de beauté artistique. Comment peut-on fermer les yeux devant cette évidence ?

 Le vénéré pape Jean-Paul II, parle de « cette autre beauté, celle de la miséricorde ». Comment ne pas voir cette évidence : le Christ a donné au monde “cette autre beauté, celle de la miséricorde”.

 Que serait notre monde sans la réalité de la miséricorde ? Parce que nous en vivons tous, consciemment ou inconsciemment, nous risquons de ne plus voir à quel point la beauté de la miséricorde rayonne en notre monde de dureté et d’inhumanité, à partir de ce foyer inépuisable d’amour qu’est le cœur de Jésus.

 

« Tu es beau, le plus beau des enfants des hommes ». ( Saint Augustin)«  C’est beau parce que c’est du Christ. ».

 Parce que tout en lui rayonne la justice, la miséricorde, l’amour. Comment rendre plus évidente cette affirmation ?

 Pourquoi la liturgie a-t-elle  souvent perdu du sens de la beauté.

 Est ce un affaiblissement de la présence, de la perception du Mystère du Christ ?

 Manquons-nous d’enracinement dans le Christ, source de la Beauté, Beauté-même ?

 Deux questions qui me laissent dans la perplexité. Il ne faut pas les esquiver, il ne faut pas non plus s’en laisser emprisonner. Car il se peut que la beauté du Christ soit cachée dans la pauvreté de nos expressions culturelles.

 Peut-être faut-il creuser plus profondément, pour retrouver la source de la Beauté. Elle ne cesse de couler, mais elle peut être plus cachée, plus obscure en ces temps d’obscurcissement.

Oui, le Christ est là, toute sa Beauté est là, cachée sous le voile des signes de ses sacrements ; enfoui sous le tas de nos misères pécheresses, mais réellement présent.

À nous d’aller à sa recherche, de creuser pour trouver la source vive dans les déserts de notre temps.

 La beauté du Christ est là.

 « N’allez pas dire : elle est ici, elle est là. Ma beauté est au milieu de vous ! »